Camille...
Camille...

Le marché aux puces tire à sa fin. Le vent fripon a eût tôt fait de chasser l'ensemble des exposants, frigorifiés. Deux à trois stands achèvent de rassembler leurs objets, en prise avec des bourrasques intermittentes. Plus loin, un petit homme affable s'active à vider le contenu de son emplacement. Sur le côté droit, j'aperçois d'antiques réveils disposés au sol, datant me dit-il des années 1930 à 1950. A la mi-journée, j'observe, capte des idées de déco, sans réelle intention d'acheter. Je me rapproche des réveils. L'un attire singulièrement mon attention. Il est doté de 3 cadrans. Le principal avec ses deux aiguilles indiquent l'heure et les minutes. Les deux autres cadrans incrustés m'intriguent. Celui du haut semble marquer les heures et celui du bas décompte les minutes ? Au dos, la vie du réveil matin s'étale par des indications incrustées : disque ; remontoir du réveil ; réveil ; aiguilles ; avance ; retard. Je parlemente avec le vendeur et négocie l'acquisition de cet objet qui m'a tapé dans l'œil. Camille est un homme courtois, avec des valeurs qu'il défends. Il s'étonne - tout comme moi, à haute voix - de voir cette vendeuse d'un âge certain, se coltiner le débarrassage de son stand sous le regard impassible de son mari, assis au volant de son véhicule, sans broncher, ni ne daigne sortir pour aider sa femme. Camille est un homme sensible. Veuf depuis quelques années, il aime parler, se confier. La compagnie des dames lui plaît. Je reviendrai saluer Camille lors d'un prochain marché aux puces. Il nous l'a fait promettre. Camille est une jolie rencontre dominicale inopinée.

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