Tête de cerf...

Je m’éloigne de quelques pas de mon mûrier platane qui se refait une beauté pour l’hiver. A vrai dire une coupe sévère de ses branches qui va lui redonner année après année une forme de parasol, pour tenir son rôle à l’été venu. Préserver de la chaleur drue. Je regarde la forme de ses branches élancées. En y regardant de plus près, on dirait la tête d’un cerf. Et tout d’un coup, je me revois en Russie, en plein hiver, à sillonner la taïga à skis de fond, dans une immensité blanche où les boulots se confondent avec l’horizon. Un cerf traverse au loin, laisse une trace fugace. Quant à ma « tête de cerf », brusque retour à la réalité. La voilà qui tombe à terre, sous la tronçonneuse, rageuse. Le travail de taille achevé, je découvre avec bonheur le lendemain matin, ma chambre éclairée d’un soleil plein qui se répand au-dessus de l’arbre taillé… Ca valait bien une tête de cerf !

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