Copeaux.JPGHier matin à l’établi, me voilà bien en peine pour polir la forme biseautée des quatre pieds de ma table basse en cours de fabrication. Le rabot en main, mon geste est hésitant. Je rature le bois et je râle, en prime. Cela faisait bien longtemps. Je ne comprends pas le maniement de cet outil et me demande à quoi il va bien pouvoir me servir, sinon à griffer les montants de mes pieds. Puis, petit à petit, je fais le calme en moi, pour atténuer et gommer cet esprit de tempête qui gronde. Je m’essaye dans le geste qui doit être ample, précis, puissant et souple à la fois. Bigre… Là n’est point une mince affaire. A ma surprise, en lâchant prise, le rabot tenu ferme dans ma main prend de l’aisance, affine les montants. Les copeaux volent et s’amoncellent sur l’établi, si légers et ténus que l’envie me prends de les immortaliser sur le champ....

 

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