En catimini...

Aujourd’hui s’achève le deuxième jour de confinement. Confinement, sensation étrange, étonnamment… Un mot nouveau dans notre vocabulaire, s’invite dans nos conversations, à distance. L’apprentissage d’une mise en retrait, imposée, temporaire mais qui paraît déjà si longue. La journée a filé, puis la lumière décroît. L’obscurité se déploie dans mon jardin. Les oiseaux ont cessé de chanter. La fraîcheur s’est invitée. Je n’y tiens plus. J’éprouve l’envie irrésistible d’aller me dégourdir les jambes, de sortir, de braver l’interdiction. Je laisse une lampe allumée, traverse le jardin, franchit le seuil, referme mon portillon. Je me mets à marcher le long de mon impasse, scrutant d’éventuels voisins. La voie est déserte. Je marche à grandes enjambées, compulsivement. Je rase les murs, guettant de loin un gyrophare potentiel, le visage enfoui dans mon col roulé. Comme une voleuse, j’avance avec cette sensation rivée au corps, de braver l’interdit. Je suis sortie, effectuer quelques foulées, parcourir un pâté de maisons. Je n’ai croisé personne, sinon un vélo et deux trois voitures. Une sortie nocturne, brève et intense, en catimini.

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