Un samedi extra ordinaire...
Un samedi extra ordinaire...
Un samedi extra ordinaire...
Un samedi extra ordinaire...

Un samedi ordinaire. C’était l’avant-dernier jour du mois de mars. Je filais légère à l’idée de vous rejoindre ; de vous donner un coup de main avec quelques amis réquisitionnés de la dernière heure, pour vous aider à mettre en bouteilles la dernière cuvée de votre vin savoureux. J’arrivais à Collias, sans attente particulière. Le cœur joyeux, bien décidée à profiter à plein de votre présence, par intermittence, à trois semaines de votre départ. Il fallut un peu de temps pour absorber les différentes étapes du process à suivre. Les petites mains s’étaient rapidement mises en mouvement. Le rythme allait bon train dans une ambiance vigneronne, au milieu du chais et des barriques de bois contre le mur, alignées. Je remarquai à peine cette nouvelle tête qui nous avait rejoints. Présence discrète, je trouvais qu’elle s’intercalait à merveille dans le ballet de ces va et vient incessants. Bercés par le glou glou familier des plongées répétées de bouteilles vides remplies d’eau, pour les nettoyer de la poussière qu’il fallait ensuite sécher sur l’égouttoir en forme de sapin de Noël dépourvu de guirlandes et de décorations. Puis les bouteilles étaient remplies, bouchonnées, séchées puis couchées et rangées à l’horizontal dans des cartons préalablement préparés. Les cartons commençaient à s’ériger en murs. Il y avait de quoi boire pour plusieurs années. La journée avait filé comme si de rien n’était. Il ne restait plus qu’à s’installer pour un apéro dinatoire bien mérité. Dans l’intervalle, j’avais engagé la conversation avec toi, parlant de tout, de rien. Tu allais nous quitter pour retourner à ta maison. Du travail t’attendait pour débroussailler et transporter les végétaux taillés vers la déchetterie. Tu t’étais ravisée, rejoignant cette bande de joyeux lurons, sûrement grisés par les effluves du vin tout juste tiré. L’apéro s’était prolongé jusqu’à la nuit tombée, noire d’encre. J’avais raté ton départ. J’aurais aimé te dire au revoir, t’entendre me dire que l’on se reverrait sans tarder…

Photos prises au caveau des Cabotines avant sa fermeture définitive (Collias). Photos soumises au respect du droit d’auteur.

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