Envol...
Envol...
Envol...

Nous marchons d’un pas soutenu sur un chemin large, pentu au début puis qui débouche sur un plateau dégagé. Le chemin est semé de cailloux blancs. Nous prenons progressivement de la hauteur, puis de la vue au-dessus du village de Boulbon. C’est la belle heure, celle qui dessine des ombres, des traits de lumière à la lisière de l’horizon qui se reflètent sur les roches et caressent en l’éclairant, la cime des arbres. Le soleil commence à descendre et nous offre des dégradés de rouge orangé, puis de rose, avant de se coucher. Nous marchons et devisons. Tant de sujets nous relient que nous n’avons pas encore épuisés. En consultant le tracé de la carte, nous sommes encore éloignées de la combe que nous devons emprunter, pour rallier le village. La lumière du jour s’est éclipsée, faisant place à un entre-deux, d’entre chien et loup. Nous tentons plusieurs pistes, des semblants de chemin, dont certains nous conduisent en haut d’un à-pic. A vol d’oiseau, moins de 300 mètres nous séparent du village qui s’est éclairé. C’est le moment de l’envol. Je me confronte à ma peur de la nuit qui tombe et de l’absence de direction dans ce massif sombre, en dépit de la pleine lune, gommée par des nuages profonds. Je me sens pousser des ailes. Je te fais confiance et je suis tes pas dans la nuit. Mon appréhension s’est estompée. Nous parvenons après plusieurs tentatives infructueuses à retrouver un semblant de chemin qui nous conduit dans le vallon recherché et que je reconnais. Je prends doucement mon envol. Telle est ma devise en cette année nouvelle.

© Photos soumises au respect du droit d’auteur : Claire Rubat du Mérac ©

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