L'arbre à secrets...
L'arbre à secrets...
L'arbre à secrets...

« Depuis combien d’années, je n’ai pas poussé la porte de ce jardin ? » J’ai grandi au clair-obscur de ce jardin botanique. Théâtre de mes jeux d’enfant, espiègle. J’aimais m’y promener en solitaire ou bien la main calée au creux de celle de Louis, mon grand-père maternel. Je me lançais des défis, variables dans le temps. Comme celui-ci d’une fin d’été écrasée de chaleur et plongée dans la torpeur. L’objectif était d’attraper une pomme de pin flottant à la lisière de ce bassin figé en hauteur, dépassant de loin ma taille d’enfant. J’avais trouvé une ruse pour grimper sur le rebord et lancer ma main pour saisir la pigne, immobile. C’est alors que mon corps fluet plongea malgré moi dans l’eau croupie de ce bassin endormi. J’émergeai peu après, la tête hors de l’eau, les cheveux en bataille, dégoulinant de vase. Ma mère affolée, flanquée des autres membres de ma fratrie avait surgi, juste après le plongeon fatidique. J’avais subi une avoinée magistrale qui marqua, après la peur bleue, cette période d’insouciance enfantine.

Quelques années plus tard, alors étudiante, j’aimais flâner du côté de la forêt de bambous, d’entre lesquels surgissaient des traits de lumière intermittents. J’aimais les contrastes de ces dégradés de vert, des plus pâles aux plus foncés.

A suivre…

Photos soumises au respect du droit d’auteur : Claire Rubat du Mérac, écrivain-photographe

Retour à l'accueil